Les outils d’intelligence artificielle peuvent sembler très performants pour générer des textes fluides, mais ils présentent des limites majeures dès qu’il s’agit de traductions juridico‑administratives avec des enjeux officiels.
Pour des dossiers impliquant Monaco (administrations, tribunaux, banques, notaires), ces limites peuvent se transformer en retards, refus ou risques juridiques.
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L’IA produit un texte plausible, pas une garantie de vérité
Les systèmes d’IA générative fonctionnent en produisant des suites de mots statistiquement cohérentes, sans vérifier la véracité des informations.
Dans un contrat, un jugement ou un acte administratif, une phrase “plausible” mais inexacte peut changer le sens d’une clause, d’une obligation ou d’une décision.
En traduction juridique, cette approximation n’est simplement pas acceptable : il faut une fidélité stricte au texte d’origine, que l’IA ne sait pas garantir seule.
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Risque d’erreurs et d’“hallucinations” dans les documents sensibles
Les IA peuvent “inventer” des références, des formulations ou des éléments de contexte qui n’existent pas dans les documents sources.
Ces “hallucinations” sont particulièrement problématiques lorsque :
- le document est destiné à une administration ou un tribunal ;
- il comporte des références légales, des montants, des dates ou des identités ;
- il doit être utilisé à l’étranger dans le cadre d’une procédure.
Pour les autorités, une traduction approximative ou fausse revient à présenter un document incomplet ou erroné, avec un risque de refus ou de blocage du dossier.
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Absence de responsabilité juridique de l’IA
Une IA de traduction ou un agent conversationnel ne prend aucune responsabilité juridique sur le contenu fourni.
À l’inverse, une traduction assermentée engage la responsabilité personnelle du traducteur, qui signe et cachette le document, lui conférant une valeur officielle.
Dans un contexte comme celui de Monaco (immigration, immobilier, banque, contentieux), les autorités attendent des documents fiables, dont l’origine et la responsabilité sont clairement identifiées.
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Pourquoi un traducteur assermenté reste indispensable
Un traducteur assermenté :
- comprend le contexte juridique du document ;
- adapte la terminologie aux exigences de la langue cible ;
- respecte le format et les formalités attendues par les autorités ;
- engage sa responsabilité sur la conformité de la traduction.
L’IA peut, dans certains cas, servir de support (brouillons, repérage de structures), mais pour une traduction juridico‑administrative destinée à Monaco, elle ne peut pas se substituer à un professionnel assermenté.
Traduction assermentée : 7 idées reçues qui compliquent vos démarches
La traduction assermentée est au cœur de nombreuses démarches à Monaco : carte de séjour, naturalisation, actes d’état civil, immobilier, justice, banque.
Mais elle est aussi entourée de nombreuses idées reçues qui peuvent faire perdre du temps et de l’argent.
- “Une traduction assermentée, c’est juste un tampon en plus”
Faux. Une traduction assermentée n’est pas une simple traduction à laquelle on ajoute un cachet : c’est un acte officiel qui doit être précis, complet et fidèle à l’original.
Le traducteur assermenté analyse le document, choisit la terminologie juridique adéquate, respecte la structure et engage sa responsabilité sur le résultat.
- “N’importe quel traducteur peut faire une traduction assermentée”
Non. Seul un traducteur inscrit auprès d’une juridiction compétente (cour d’appel, etc.) est habilité à produire des traductions assermentées.
Les autorités peuvent refuser un document si la traduction n’émane pas d’un traducteur officiellement agréé.
- “L’IA peut faire la traduction, le traducteur assermenté n’a qu’à signer”
Impossible. Le traducteur assermenté ne fait pas que “valider” un texte produit par une IA ou un tiers : il doit maîtriser et contrôler chaque mot de la traduction, qu’il réalise lui‑même.
Signer une traduction non réalisée ou non vérifiée serait contraire à son rôle et à ses obligations.
- “On peut toujours ajouter la mention ‘traduction certifiée’ soi‑même”
Non. Seul un traducteur assermenté peut certifier qu’une traduction est conforme à l’original, en apposant sa signature et son cachet.
Une mention manuscrite ou tapée par le client n’a aucune valeur légale.
- “Une traduction non assermentée suffit, l’administration ne vérifiera pas”
Risque élevé. Dans les domaines immigration, justice, notariat, banque, les autorités vérifient précisément que les documents exigés sont bien fournis sous la forme requise, y compris la traduction assermentée.
Présenter une traduction non assermentée là où une traduction assermentée est exigée revient à fournir un document incomplet.
- “Tous les traducteurs assermentés se valent”
Pas tout à fait. Au‑delà du statut, chaque traducteur a son expérience : certains travaillent davantage en droit de la famille, d’autres en immobilier, en bancaire, en corporate, etc.
Pour un dossier à Monaco, mieux vaut choisir un traducteur habitué aux documents officiels et à ce contexte précis.
- “On peut tout faire à la dernière minute”
C’est souvent là que les difficultés commencent. La traduction assermentée implique une analyse du document, la traduction, la relecture, la mise en forme, la signature, la préparation d’éventuels exemplaires papier.
Plus vous anticipez, plus vous avez de chances que votre dossier avance sans blocage lié à la traduction.






